Les petites choses

Mon amie Gloria m’a téléphoné avec la voix très enjouée. Elle n’avait plus été en mesure de sortir de la maison, sauf pour aller à ses rendez‑vous chez le médecin. Je comprenais donc qu’elle soit aussi heureuse de m’annoncer : « Mon fils vient de brancher de nouveaux haut‑parleurs à mon ordinateur, si bien que je peux maintenant aller à mon église ! » C’est qu’elle pouvait ainsi entendre la diffusion en direct du culte d’adoration de son assemblée. Elle ne cessait de s’extasier devant la bonté de Dieu et du fait que « [son] fils n’aurait pas pu lui offrir de meilleur cadeau ! » Gloria m’enseigne la gratitude. Malgré ses capacités physiques limitées, elle est reconnaissante pour la moindre des choses : les couchers de soleil, ses proches et ses voisins serviables, les moments d’intimité avec Dieu, la possibilité de vivre chez elle. Toute sa vie, elle a vu Dieu pourvoir à ses besoins, et elle parle de lui à quiconque lui rend visite ou lui téléphone. On ignore quelles difficultés l’auteur du Psaume 116 affrontait. Selon certains commentaires bibliques, il était probablement malade, puisqu’il a dit que les liens de la mort l’avaient environné (V. 3). Reste qu’il a loué le Seigneur, qui avait usé de grâce et de miséricorde envers lui lorsqu’il était au plus mal (V. 5,6). Dans le creux de la vague, il se peut que nous ayons du mal à lever les yeux. Si nous le faisons, nous voyons toutefois que toute bonne chose vient de Dieu et nous lui en sommes reconnaissants. Anne - Pain Quotidien

Le piano qui rapetissait

Durant trois années consécutives, mon fils a participé à un récital de piano. L’année dernière, je l’ai regardé monter les marches et installer ses partitions. Il a joué deux morceaux, puis il est venu s’asseoir à côté de moi et m’a murmuré : « Maman, cette année, le piano était plus petit. » À cela, j’ai répondu : « Non, c’est le même piano sur lequel tu as joué l’année dernière. C’est que tu as grandi ! » Comme la croissance physique, la croissance spirituelle se produit souvent petit à petit. Il s’agit d’un processus continu qui nous amène à ressembler davantage à Jésus à mesure qu’il nous transforme par le renouvellement de notre esprit (RO 12.2). L’action du Saint‑Esprit en nous peut nous conscientiser à nos péchés. Désireux d’honorer Dieu, nous nous efforçons alors de changer, parfois en y parvenant, mais d’autres fois, en vain. Et si rien ne semble changer, nous nous décourageons. Il se peut que nous fassions une équation entre l’échec et le manque de progrès, alors que l’échec est souvent la preuve même du fait que nous sommes en pleine progression. La croissance spirituelle exige l’action du Saint‑Esprit, le désir de changer et du temps. Il nous arrive de regarder en arrière et de voir que nous avons grandi spirituellement. Puisse Dieu nous donner de continuer à croire que « celui qui a commencé en [nous] cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus‑Christ » (PH 1.6). Jennifer - Pain Quotidien

Toujours à l’écoute

Mon père était peu loquace. Il portait des appareils auditifs parce que toutes ses années passées dans l’armée avaient endommagé son ouïe. Un certain après‑midi que ma mère et moi discutions un peu plus longtemps qu’il ne le jugeait nécessaire, il nous a lancé avec amusement : « Quand je veux avoir la paix et le silence, je n’ai qu’à faire ça », en éteignant du même coup ses deux appareils, puis en joignant les mains derrière la tête et en fermant les yeux avec un sourire serein aux lèvres. Nous avons bien ri de le voir faire. En ce qui le concernait, la conversation était terminée ! Le réflexe de mon père ce jour‑là me rappelle combien Dieu est différent de nous. Il désire toujours entendre ses enfants, un fait que confirme l’une des prières les plus courtes de la Bible. Un jour, Néhémie, serviteur du roi Artaxerxès de Perse, était visiblement triste en présence du roi. Quand celui‑ci lui a demandé pourquoi, Néhémie lui a avoué avec crainte que c’était parce que Jérusalem, la ville conquise de ses ancêtres, était en ruine. « Et le roi me dit : Que demandes‑tu ? Je priai le Dieu des cieux, et je répondis au roi […] » (NÉ 2.4,5, italiques pour souligner). Même succincte, sa prière a été entendue et a donné lieu à la réponse empreinte de miséricorde aux nombreuses prières que Néhémie avait déjà offertes à Dieu pour Jérusalem, et Artaxerxès lui a donné gain de cause. Quel bonheur de savoir que Dieu nous écoute toujours ! James - Pain Quotidien

Le don du don

Un certain pasteur a donné vie à l’expression « Il te donnerait sa chemise » en lançant ce défi à son Église : « Qu’adviendrait‑il si vous donniez le manteau que vous portez à une personne démunie ? » Puis il a enlevé son manteau et l’a déposé à l’avant de l’église. Des dizaines d’autres l’ont imité. Or, cela se passait en hiver, si bien que leur retour à la maison s’est avéré moins confortable ce jour‑là. Par contre, pour des dizaines de personnes démunies, la saison s’est un peu réchauffée. Lorsque Jean‑Baptiste parcourait le désert de Judée, il adressait une mise en garde à la foule réunie pour l’entendre : « Races de vipères […] Produisez donc des fruits dignes de la repentance » (LU 3.7,8). Prise de court, elle lui a demandé : « Que devons‑nous donc faire ? » Ce à quoi il a répondu par ce conseil : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même » (V. 10,11). La vraie repentance engendre la générosité de coeur. Étant donné que « Dieu aime celui qui donne avec joie », nous ne devrions jamais donner par sentiment de culpabilité ou d’y être contraints (2 CO 9.7). C’est en donnant de bon coeur et avec générosité que nous découvrons qu’il y a véritablement plus de joie à donner qu’à recevoir. Tim - Pain Quotidien

Lâcher prise

À l’occasion de notre anniversaire de mariage, mon mari a emprunté un tandem en vue d’une aventure romantique. Dès que nous nous sommes mis en route, je me suis rendu compte que mon mari me cachait la vue de ses larges épaules. De plus, mon guidon était fixe, ce qui m’empêchait de diriger le tandem. Seul le guidon de devant déterminait notre direction ; le mien ne servait qu’à soutenir la partie supérieure de mon corps. Or, devant mon manque de contrôle, j’avais le choix entre céder à la contrariété et jouir de notre randonnée en comptant sur Mike pour bien nous conduire. En demandant à Abram de quitter famille et patrie, Dieu ne l’a guère renseigné sur sa destination : aucunes coordonnées géographiques ; aucune description du nouveau pays ni de ses ressources naturelles ; pas même la moindre indication quant à la durée du trajet pour s’y rendre. Dieu lui a donné pour toute directive d’aller dans le pays qu’il lui montrerait. C’est par la foi qu’Abram lui a obéi sans même connaître les détails que la plupart des êtres humains auraient éprouvé le besoin de connaître pour agir de la sorte (HÉ 11.8). Si nous luttons contre l’incertitude ou que notre situation échappe à notre volonté, cherchons à adopter l’exemple d’Abram, qui a suivi Dieu et lui a fait confiance. Le Seigneur nous conduira bien. Kirsten - Pain Quotidien